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Tomber amoureux du processus

Tomber amoureux du processus

Les grandes aventures durent quelques jours. La préparation, elle, remplit des mois. Et c'est peut-être là que se cache la plus belle partie du voyage. Tomber amoureux du processus...

Chaque année, quelques dates apparaissent dans mon calendrier. The GoatsGravel BirdsDesertus Bikus... Quelques jours seulement.


Des aventures où une grande partie de ce qui va se passer reste inconnue : la météo, le vent, les rencontres, les doutes, les paysages, les émotions. C'est justement cette part d'inconnu qui me donne envie d'y retourner. Pendant quelques jours, on accepte de ne plus tout maîtriser. On avance simplement, un coup de pédale après l'autre. Mais si ces aventures occupent quelques jours dans une année, elles en remplissent bien davantage dans ma tête. Parce qu'au fond, elles commencent longtemps avant le départ. Voici ma relation avec comment Tomber amoureux du processus.

La répétition

Je crois que j'ai toujours aimé la répétition. Ce mot peut sembler étrange. Pour certains, il évoque la routine, quelque chose dont il faudrait s'échapper. Pour moi, c'est tout l'inverse. J'aime fermer la porte de l'atelier en fin de journée et partir rouler quelques heures sur les routes de l'Ariège. J'aime retrouver les mêmes vallées, les mêmes cols, les mêmes pistes qui changent pourtant avec les saisons, la lumière ou simplement l'humeur du jour. J'aime revenir, m'asseoir devant la machine à coudre et poursuivre un sac commencé le matin. Puis recommencer le lendemain. Et encore le jour suivant. 


Cette répétition ne m'enferme pas. Elle m'apaiseAvec le temps, j'ai compris que ce n'était sûrement pas un hasard si j'aimais autant coudre que rouler. Dans les deux cas, il s'agit d'une succession de gestes simples, répétés avec soin. On ne fabrique pas un beau sac en un seul geste. On ne construit pas non plus une grande aventure en une seule sortie. Tout se construit, petit à petit.

Ne pas subir

On me demande parfois comment je prépare ces aventures. Je pourrais parler des kilomètres, du dénivelé, du matériel ou de l'alimentation. Bien sûr, tout cela compte. Mais ce n'est jamais ce qui me motive vraiment.


Je ne prépare pas ces aventures pour aller chercher une place au classement. J'essaie surtout de ne pas subir. D'arriver suffisamment serein pour avoir encore envie de lever les yeux. De discuter avec les autres participantsDe m'arrêter pour une boisson dans un village. De profiter d'un lever de soleil plutôt que de penser uniquement au prochain col. J'aime rentrer à l'atelier avec encore de l'énergie. Retrouver la machine à coudre dès le lendemain. Continuer à rouler quelques jours plus tard. Pour moi, réussir une aventure, ce n'est pas seulement franchir une ligne d'arrivée. C'est revenir avec l'envie de recommencer à vivre normalement.

Restez dehors
Restez dehors

Tomber amoureux du processus

J'ai toujours aimé préparer ces aventures.

Pas uniquement pour être prêt le jour du départ.

Mais parce qu'elles donnent un rythme à toute une saison.

Elles me donnent envie de rouler un peu plus souvent.

Un peu plus longtemps.


D'aller chercher une montée supplémentaire avant de rentrer. De découvrir un nouveau chemin. De partir dormir dehors. De tester une nouvelle sacoche. Au fond, le départ n'est qu'une date sur le calendrier. Ce qui compte vraiment, ce sont toutes les journées qui le précèdent. Pendant des mois, je ne fais rien d'extraordinaire.


Je roule. Je couds. Je recommence.


Petit à petit, sans presque m'en rendre compte, le corps s'adapte. La confiance grandit. Les gestes deviennent naturels. Et lorsque le jour du départ arrive, j'ai surtout l'impression de continuer ce que je fais déjà depuis des semaines. L'événement n'est plus une parenthèse. Il devient simplement le prolongement de cette vie.

Quand le vélo nourrit l'atelier

Ces sorties ne servent pas seulement à préparer une aventure. Elles nourrissent aussi l'atelier. Lorsque je rentre, je ne laisse pas le vélo derrière moi en ouvrant la porte. Je ramène avec moi des idéesUne poche qui pourrait être plus accessible. Une sangle qui mériterait d'être déplacée de quelques centimètres. Une couture qui a parfaitement résisté après des centaines de kilomètres. Ou simplement une sensation que j'ai envie de retrouver dans le prochain sac. Chaque sortie continue un peu dans l'atelier.


Et chaque sac que je fabrique repart ensuite vivre l'aventure de quelqu'un d'autre. J'aime cette idée. Elle donne du sens aux deux.

Le retour

On entend souvent parler du vide après une grande aventure. Je le comprends. Après plusieurs jours passés à rouler, à rencontrer des personnes incroyables et à vivre intensément chaque journée, le retour paraît parfois un peu silencieux. Pourtant, je crois que ce vide est plus doux lorsqu'on est tombé amoureux du chemin plutôt que seulement de la ligne d'arrivée. Les habitudes sont toujours là. Les sorties après l'atelier. Les chemins de l'Ariège. Les sacs à terminer. Les nouveaux projets. Les prochaines idées. Je retrouve cette répétition avec le même plaisir que celui avec lequel je l'avais quittée. Les souvenirs restent. Ils donnent simplement envie de repartir.

Continuer

Je pourrais certainement rouler un peu plus vite. Dormir un peu moins. Gagner quelques places. Mais si le prix à payer est de rentrer vidé, incapable de profiter des semaines suivantes, alors ce n'est pas la façon dont j'ai envie de vivre ces aventures. J'aime revenir avec encore de l'énergie. Retrouver l'atelier avec plaisir. Continuer à rouler. Continuer à fabriquer. Continuer à imaginer les prochaines aventures. Parce qu'au fond, le défi ne s'arrête jamais sur une ligne d'arrivée. Il continue dans la vie de tous les jours. Et je crois que c'est ce qui me plaît le plus. Je ne roule pas pour préparer une aventure.


Les aventures me donnent simplement une belle raison de rouler encore plus tout au long de l'année.


Elles me rappellent pourquoi j'aime fermer la porte de l'atelier pour quelques heures. Pourquoi j'aime retrouver les mêmes routes, les mêmes montagnes, les mêmes gestes. Pourquoi j'aime cette répétition qui, loin de m'enfermer, me permet d'accueillir pleinement l'inconnu lorsque vient enfin le jour du départ. Les grandes aventures m'emmènent vers l'inconnu. La répétition, elle, me ramène toujours à l'essentiel.

Velocidade c’est la sensation de liberté donnée par la vitesse, le vent qui fait pleurer les yeux, le bruit de l’air qui souffle près des oreilles, une petite saveur d’adrénaline qui fait se sentir bien.

Ricardo Vieira

Chez Velocidade, on croit au vélo comme moyen de déplacement du futur! On a créé un ensemble de bagagerie responsable pour vélo et sacs à dos, conçu et fabriqué à la main dans notre atelier à Mirepoix, en Ariège. Pour en savoir plus sur nos engagement venez par ici.

FABRIQUÉ EN FRANCE

Nous avons voulu créer nos sacs avec une toile imperméable et résistante aux rayons UV certifié Oeko-Tex fabriquée en France.

DESIGN

Des produits conçus pour durer longtemps avec une économie de matières premières et qui peuvent être réparés, un design durable.

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Ricardo Vieira

RICARDO VIEIRA-FONDATEUR/DESIGNER/COUTURIER

Ricardo réfléchit depuis longtemps à réduire son impact environnemental, que ce soit à travers sa pratique sportive du vélo, de la course à pied, ou dans sa vie de tous les jours, en ayant décidé d’être végétarien il y a plus de 20 ans. Curieux et passionné, il se lance dans la création et la fabrication de ses premiers objets lorsque son grand-père lui offre une machine à coudre pour ses 17 ans, et depuis lors, s’emploie à créer, réparer, fabriquer avec la même énergie et dans une même direction, celle de la sobriété et du localisme. Convaincu que le vélo est la solution décarbonée par excellence pour les déplacements de tous les jours, Ricardo décide de créer Velocidade, et se lance dans le design et la conception de sacs faits main, de manière totalement artisanale.