L’année dernière, Gravel Birds c’était 750 kilomètres en quatre jours. À l’arrivée, je n’avais pas envie que ça s’arrête. Alors cette année, l’idée était simple : partir plus longtemps. Pas forcément plus vite. Pas forcément plus loin. Juste prendre davantage le temps.
Pendant six jours et près de 1000 kilomètres, nous avons traversé montagnes, pistes poussiéreuses, villages oubliés, pluie, chaleur, fatigue et moments suspendus. Une aventure plus longue pour mieux absorber ce qui nous entourait : les paysages qui changent au fil des heures, les goûts découverts au détour d’un village, les longues discussions et les rigolades avec Rui, mais aussi les kilomètres de silence où seul le bruit des pneus accompagne les pensées. Pendant la Gravel Birds, nous avons essayé de partager un maximum en stories, photos et petits reels pour vous embarquer avec nous au quotidien. Maintenant que la poussière est retombée, voici le récit complet de ces six jours, découpé en trois épisodes vidéo.
Une boucle à travers l’Alentejo
Départ et arrivée au même endroit : Castro Verde. Entre les deux, six jours à travers le Haut et le Bas Alentejo. Des terres agricoles immenses, les reliefs de la Serra do Caldeirão, l’air salé de l’Atlantique puis le retour progressif vers l’intérieur.
Une boucle de presque 1000 kilomètres : revenir au même point, sans jamais revenir vraiment pareil
Jours 1 & 2 — Quitter le quotidien
Les premiers coups de pédale ont toujours quelque chose de particulier. L’excitation du départ, les jambes fraîches, les derniers réglages et cette sensation étrange que pendant quelques jours, la seule mission sera simplement d’avancer.
Très vite, le rythme Gravel Birds s’installe. Les longues pistes, les orages, les premières montées qui rappellent pourquoi nous sommes venus rouler ici. Les paysages défilent, la boue s’accroche déjà aux pneus, et doucement, le quotidien disparaît derrière nous. On parle beaucoup, on rigole beaucoup aussi. Et puis il y a déjà ces moments de silence sur le vélo. Ceux où plus rien ne presse. La première journée est humide, parfois même orageuse. Mais à l’intérieur, impossible de se sentir autrement que bien : au sec, heureux, et chanceux de rouler ici, au Portugal, entouré de gens simples, bienveillants, et d’une énergie qui fait du bien.
Jours 3 & 4 — Trouver son rythme
Moura → Mértola : Nous savons déjà que cette journée sera plus courte. Il faut garder de l’énergie pour traverser la Serra do Caldeirão le lendemain, une des étapes qui s’annonce parmi les plus difficiles de l’aventure. Alors on savoure. Chaque coup de pédale compte, mais on prend aussi le temps de contempler les mines de São Domingos, leur décor presque irréel et cet héritage si particulier. À l’arrivée à Mértola, cette ville si attachante que j’aime tant, on prépare la nourriture pour le lendemain et on essaie de se reposer le plus tôt possible.
Jours 5 & 6 — Continuer encore un peu
Odemira → Castro da Cola. Une nuit courte nous attend, car une nouvelle grande journée nous appelle dehors : 190 kilomètres et environ 3500 mètres de dénivelé. Mais cette fois, il y a une motivation supplémentaire : aujourd’hui, nous allons voir l’océan. Et puis il y a aussi une belle surprise. Martin nous attend au CP. Lui a déjà terminé son parcours de 350 km et profite maintenant du Portugal à un rythme plus tranquille. Le retrouver là, au milieu de l’aventure, donne encore plus d’énergie. On célèbre ça autour d’un bon petit-déjeuner avec les bénévoles du CP, Pedro et Sofia : sourires, histoires, tostas, café chaud et cette odeur d’iode qui annonce l’Atlantique tout proche. La journée sera longue, lumineuse, heureuse. Pour la première fois depuis longtemps : presque pas de pluie. Les kilomètres s’accumulent, les heures passent et nous arrivons finalement tard, vers minuit, à Castro da Cola. Fatigués, évidemment. Mais heureux aussi, parce qu’il ne reste déjà presque plus rien.
Castro da Cola → Castro Verde. Départ vers 7 h. Une heure un peu plus douce après tant de réveils matinaux. Très vite, une autre belle rencontre : retrouver Maria João au CP4. À ce moment-là, les jambes sont fatiguées, mais les cœurs débordent encore d’énergie. Les grandes montées disparaissent progressivement, le terrain devient plus roulant et nous croisons de plus en plus de riders à mesure que l’arrivée approche. À 50 kilomètres de la fin, nous faisons quelque chose devenu rare depuis plusieurs jours : prendre le temps. Une pizza revigorante, quelques discussions et l’envie de ralentir un peu le temps. Puis vient cette dernière lumière. Un coucher de soleil mémorable accompagne les derniers kilomètres jusqu’à Castro Verde. L’arrivée se fait entourés d’autres participants, dans une ambiance incroyable. Et comme souvent après les longues aventures, une drôle de sensation apparaît : la joie d’avoir terminé… et l’envie que ça continue encore un peu.
Ce qu’il reste après l’arrivée
Deux semaines plus tard, il reste encore un peu de poussière sur le vélo, quelques douleurs dans les mains, et beaucoup d’images en tête. Cette sensation étrange propre aux longues aventures est toujours là : celle d’avoir déjà envie de repartir, avant même d’avoir complètement terminé. Parce qu’au fond, c’était ça l’idée cette année : faire durer un peu plus longtemps.
En Bonus, l'équipement
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